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Les tours à éviter (ou à encadrer)
Apprendre des tours à son chienFait partie de · Apprendre des tours à son chien

Les tours à éviter (ou à encadrer)

Ce que le mouvement fait porter à son corps

Le squelette du chien répartit son poids sur quatre appuis, avec environ 60 % de la charge sur les pattes avant. Un tour spectaculaire déplace cet équilibre : vers l'arrière quand il se tient debout, en rotation pour un salto, en un choc concentré à la réception d'un saut, complètement à l'envers pour un appui sur les pattes avant. Le chien apprend vite le geste ; ce sont ses ligaments, ses articulations et son dos qui encaissent, souvent sans que tu le voies.
Chez le chiot, c'est encore plus vrai. Ses os grandissent par leurs extrémités, au niveau de zones encore tendres qu'on appelle les plaques de croissance. Tant qu'elles ne sont pas fermées, souvent autour d'un an et plus tard chez les grandes races, son squelette reste souple et encaisse mal les chocs répétés. Une étude norvégienne de 2012, menée sur 501 chiots de quatre grandes races, l'a bien montré : avant même trois mois, monter des escaliers augmente déjà le risque de dysplasie de la hanche, une malformation de l'articulation.

La tentation, c'est l'effet « waouh ». Le bon réflexe : demande-toi ce que le mouvement fait porter à son corps, à son comportement, ou à l'image qu'on donne de lui. Il existe presque toujours une version qui l'amuse tout autant, sans le risque : au sol plutôt qu'en l'air, un geste bref plutôt que tenu, un jeu réel plutôt qu'une mise en scène.

Tour par tour : bannir, encadrer, remplacer

Trois familles de risque, pour décider d'un coup d'œil avant de te lancer : ce que le mouvement fait à son corps, ce qu'il installe comme réflexe, et l'image qu'il donne de ton chien.

À ne jamais enseigner

L'attaque ou la morsure sur un humainTu n'apprends jamais à un chien de compagnie à mordre quelqu'un. Le besoin de mordre, lui, se redirige vers un jouet à tirer, comme le boudin (ce jouet en forme de saucisse que le chien mord et tire), jamais vers une personne.
La poursuite d'êtres vivants (joggeurs, vélos, animaux)Ce n'est pas un tour : la prédation, le comportement de chasse, se canalise (une balle, du pistage, ou le treibball, où le chien pousse un gros ballon), elle ne s'apprend pas. Entraîner la poursuite, c'est fabriquer un danger qui se nourrit tout seul.
Le salto arrière (le saut périlleux)Le seul tour où la réponse est simplement non : il cumule torsion de la colonne, choc à la réception et risque de mal retomber. Là, aucune version allégée n'existe.

Risque physique : à encadrer (adulte mature seulement)

Les sauts hauts ou répétésC'est la réception, répétée, qui use les épaules, les poignets et les hanches. Une hauteur modérée : pour commencer, pas plus haut que ses coudes, quelques sauts seulement par séance, un sol souple, jamais avant la fin de la croissance.
Tenir debout, marcher sur deux pattesRester debout reporte tout le poids du chien sur le bas du dos, les hanches et les genoux. Un redressement bref, deux ou trois secondes, chez un adulte en forme ne pose pas de problème : c'est la durée et la répétition qui pèsent.
L'appui sur les pattes avantIl inverse complètement la répartition du poids, sur les poignets, les coudes et le cou. Réserve ce tour à un chien adulte, entraîne-le petit à petit, quelques secondes à la fois.
La boiterie simuléeElle habitue le chien à ne pas poser une patte, encore et encore, et peut brouiller la lecture d'une vraie douleur plus tard. Si tu l'apprends : des séances très courtes, alterne la patte, jamais en partant d'une vraie boiterie.

Risque comportemental : le réflexe qu'on ne voulait pas

« Fais le mort » appris en le forçant sur le dosCoucher le chien de force et le maintenir sur le dos, c'est l'ancien réflexe du chien qu'on retourne pour montrer qui commande, une idée aujourd'hui écartée en éducation positive : le chien montre souvent de la peur, ou se défend. Laisse-le se coucher sur le flanc tout seul, en suivant une friandise, jamais en le retournant à la main.
« Aboie » sans jamais poser « chut »Demander l'aboiement pour amuser, sans jamais apprendre aussi à l'arrêter, entraîne un chien à aboyer pour attirer l'attention, y compris quand tu n'as rien demandé. Apprends toujours les deux ensemble.
Les jeux qui montent en excitation sans stop clairTirer sur un jouet ou poursuivre une main sans un mot qui dit stop entraîne un chien à mordiller plus fort ou à sauter sur les gens pour continuer le jeu. Garde toujours un mot d'arrêt, et respecte-le.

Risque éthique ou d'image : ce que ça montre de lui

Le déguisement porté longtempsBeaucoup de chiens montrent une vraie gêne sous un déguisement : léchage de babines, queue basse, chien qui se fige au lieu de bouger normalement. Une tenue légère, quelques minutes, uniquement s'il reste détendu.
Faire « sourire » en manipulant ses babinesChez le chien, montrer les dents est un signal d'alerte, pas un sourire. Le lui faire faire pour rire risque d'être mal lu par un autre chien, ou par un enfant qui voudrait ensuite le titiller en pensant que c'est un jeu.
Mettre en scène une peur pour la filmerProvoquer volontairement une réaction de peur, un bruit ou un objet qui le fait sursauter, pour un effet comique ou des vues, ça reste un chien qu'on stresse exprès. Filme plutôt ce qu'il fait de lui-même, sans le déclencher.

Les alternatives qui rendent le même service

Le slalom ou le « tourne » doux au solTout le plaisir du mouvement, sans la torsion ni l'impact.
L'enjambement bas et le mini-tunnelÀ la place du saut : le chien passe au ras du sol, sans forcer sur les articulations.
Le « fais le beau » bref, arrière-train au solÀ la place de la position debout tenue : un redressement court, deux à trois secondes, jamais maintenu.
Les jeux de nez et le « touche »Le chien touche un objet du bout du nez, ou suit une piste au sol : des tours calmes qui fatiguent surtout la tête, et tu récompenses aussi un geste qu'il propose de lui-même. Parfaits pour un chiot, un senior ou un chien fragile.

Encadrer un tour physique, dans l'ordre

Pour les tours physiques qui peuvent s'encadrer, suis cet ordre : tout se construit sans jamais forcer le corps du chien, comme le recommande l'association vétérinaire américaine du comportement animal (AVSAB, 2021).

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Écarter le médical et la croissance

Chien adulte, croissance terminée : souvent autour d'un an, plus tard chez les grandes races, et seul ton vétérinaire le confirme par une radiographie. Pas de souci passé aux articulations ou au dos, et pas de morphologie à risque, c'est-à-dire un dos long comme le teckel, des hanches fragiles ou de l'arthrose (des articulations usées et douloureuses). Au moindre doute physique, l'avis du vétérinaire vient avant, jamais après.

2

Choisir la version la plus douce pour son corps

À la place du saut : l'enjambement au sol ou le tunnel. À la place de la position debout : le « fais le beau » bref. Si une version moins exigeante suffit, arrête-toi là.

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Doser comme un exercice physique

Sol antidérapant. Échauffe-le d'abord, comme un sportif : quelques minutes de marche active, puis deux ou trois mouvements doux (un « assis-debout » lent, un « tourne » tranquille) avant de lui demander l'effort. Ensuite, très peu de répétitions, quelques-unes par séance seulement, et tu augmentes petit à petit sur plusieurs semaines. C'est un exercice pour le corps, pas un exercice de mémoire à répéter en boucle.

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Marquer la réussite, puis lire l'inconfort

Un mot marqueur court (« oui ») valide le bon geste. Léchage de babines, lenteur inhabituelle, raideur le lendemain, refus soudain : reviens en arrière, ou laisse tomber le tour.

Un tour physique révèle une gêne très tôt, si tu restes attentif aux signaux de ton chien.

À surveiller

  • Léchage de babines ou bâillements pendant la séance
  • Le chien ralentit, hésite juste avant le mouvement

Pause et observation

  • Raideur le lendemain de la séance
  • Il refuse soudain un tour qu'il faisait volontiers
  • Réception lourde, il retombe « en force »

Avis vétérinaire

  • Boiterie qui dure ou revient par épisodes
  • Léchage obstiné et localisé d'une articulation
  • Il devient irritable quand tu touches une zone précise de son corps

Encadrer ou renoncer ?

Tu peux encadrer le tour

  • Chien adulte, plaques de croissance fermées, sans souci passé au dos ni aux articulations
  • Morphologie sans risque particulier, poids idéal
  • Tu vises peu de répétitions, un sol souple, et tu sais t'arrêter au premier signal

Mieux vaut s'abstenir ou passer la main

  • Chiot en croissance, senior, chien en surpoids, à dos long, aux hanches fragiles ou arthrosique : tu t'en tiens aux tours tout en finesse, au sol
  • Le « tour » touche à l'attaque, à la morsure ou à la prédation : ce n'est pas un tour
  • Réactivité (un chien qui réagit très fort, il aboie, tire ou se fige, dès qu'un déclencheur apparaît), morsure ou prédation installée : c'est un travail de comportementaliste, pas un tour de salon
  • Le tour vise surtout à humaniser ton chien à l'excès, à exploiter sa peur ou à le stresser pour un effet comique : choisis une version qui respecte ce qu'il ressent
  1. AVSABPosition Statement on Humane Dog Training (2021)
  2. Krontveit et al.Housing- and exercise-related risk factors for hip dysplasia during growth (American Journal of Veterinary Research) (2012)
  3. Guidelines for Recognition, Assessment and Treatment of Pain, WSAVA Global Pain Council

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Comment apprendre à son chien à attaquer ?

On ne l'apprend pas : dresser un chien de compagnie à mordre ou attaquer un humain fabrique un danger, pas un tour. Le besoin de mordre, lui, est bien réel : tu le canalises sur un jouet dédié, comme le boudin, jamais sur une personne. Le mordant, ce sport qui entraîne la morsure sur un professionnel protégé, reste un travail de pro, dangereux dans une famille.

Comment apprendre un chien à chasser ?

La chasse, ou prédation, ne s'apprend pas : elle se canalise. Apprendre à un chien à poursuivre des joggeurs, des vélos ou des animaux nourrit un comportement qui s'auto-alimente et devient vite incontrôlable. Assouvis plutôt ce besoin avec la balle, le pistage au nez, ou le treibball (le jeu où le chien pousse un gros ballon), et marque le bon comportement d'un « oui ».

Peut-on dresser son chien à la garde ou à la défense ?

Un chien dressé au mordant pour « la garde » est extrêmement dangereux dans une famille, et c'est un travail de professionnel, pas un tour. Ce qui dissuade vraiment chez un chien de famille, c'est sa présence, pas une morsure entraînée : tu gagnes bien plus à avoir un chien stable et bien socialisé.

À quel âge un chien peut-il commencer à sauter ?

Pas avant la fermeture des plaques de croissance, ces zones tendres au bout de ses os : souvent autour d'un an, plus tard chez les grandes races, et seul ton vétérinaire peut le confirmer, radiographie à l'appui. Avant, tiens-toi à l'enjambement au sol et aux tours tout en finesse. Ensuite : une hauteur modérée, pas plus haut que ses coudes pour commencer, un sol souple, et seulement quelques sauts par séance.

Le tour « fais le beau » fait-il mal au dos de mon chien ?

Un redressement bref et rare chez un adulte en bonne santé ne pose pas de problème connu. C'est la position tenue ou répétée qui pèse sur le dos, les hanches et les genoux, surtout chez le chiot, le chien à dos long ou le senior. Garde l'arrière-train au sol, et augmente le temps petit à petit.

Est-ce dangereux d'apprendre des tours à mon chien ?

La plupart des tours au sol (le « touche » du bout du nez, « tourne », le slalom, les jeux de nez) sont sûrs et même excellents pour sa tête. Le risque vient d'ailleurs : les impacts répétés et les positions tenues qui pèsent sur son corps, un tour qui installe une mauvaise habitude comme aboyer pour rien, ou une mise en scène qui le stresse pour un effet comique. Arrête toujours un tour au premier signe d'inconfort, et jamais sur un chien qui a mal.

Mis à jour le Sources

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